Allemagne
1910s
- Jusque 9 novembre 1918 : l’Empire allemand (Deuxième Reich).
- 9 novembre 1918 – 23 mars 1933 : République de Weimar.
1930s
- 23 mars 1933 : vote des pleins pouvoirs à Adolf Hitler.
- 23 mars 1933 – 8 mai 1945 : Troisième Reich.
1940s
- 7 mai 1945 – 23 mai 1945 : à Flensbourg, Gouvernement provisoire du Reich.
- 8 mai 1945 – 23 mai 1949 : l’Allemagne occupée.
- 15 décembre 1947 – 15 décembre 1947 : la Saar est dotée d’une Constitution. Pratiquement, c’est un État sous le contrôle de la France.
- 23 mai 1949 – 3 octobre 1990 : République fédérale allemande (RFA).
- 7 octobre 1949 – 3 octobre 1990 : République démocratique allemande (RDA).
1950s
- 27 octobre 1956 : décision de rétrocéder la Saar à l’Allemagne (accords franco-allemands du Luxembourg).
1990s
- 3 octobre 1990 : … – réunification, République fédérale d’Allemagne.
16 Sept
1938
DE/HU
À Carinhall, Goering reproche à Döme Sztojay, ministre de la Hongrie à Berlin, que la Hongrie n’en fait pas assez dans la crise actuelle et rassure Budapest que la Yougoslavie ne fera rien contre la Hongrie, si celle-ci entre dans le conflit armé.
Allemagne, Hongrie
16 Sept
1938
CS/DE/GB
De retour en Angleterre, lord Runciman présente son rapport (03.08.38) sur la situation en Tchécoslovaquie. Pour lui, la solution de la crise est le transfert des régions des Sudètes (où les Allemands représentent plus de 75 % de la population) à l’Allemagne, sans plébiscite.
Tchécoslovaquie, Allemagne, Grande-Bretagne
17 Sept
1938
DE/IT
Mussolini soutient publiquement Hitler (15.09.38).
Allemagne, Italie
21 Sept
1938
DE/GB/RO/RU/SDN
À Genève, devant l’assemblée générale, Litvinov donne un avertissement à l’Allemagne. Si elle attaque la Tchécoslovaquie, alors la France et la Russie viendront en aide à Prague. Lors de la même réunion de l’assemblée, Churchill affirme qu’Ivan Maiski, ambassadeur russe à Londres, lui aurait dit que Bucarest permettra le passage des troupes russes, sous la pression et avec les garanties d’une grande coalition placée sous l’égide de la SDN.
Allemagne, Grande-Bretagne, Roumanie, Russie
22 Sept
1938
CS/DE/GB
À Bad Godesberg, nouvelle rencontre de Hitler avec Chamberlain (fin : 23.09.38). Londres annonce qu’elle a obtenu l’accord des Tchèques pour la cession des Sudètes, mais le Führer demande ‘’immédiatement‘’ l’occupation des Sudètes par l’armée allemande car, dit-il, la situation a changé : le projet franco-britannique implique des délais trop longs (alors que le nombre de victimes augmente d’heure en heure sur le terrain), la Pologne et la Hongrie ont émis, elles aussi, des revendications, etc. En soirée, Chamberlain informe Londres des nouvelles revendications du Führer.
Tchécoslovaquie, Allemagne, Grande-Bretagne
23 Sept
1938
CS/DE/GB
À Bad Godesberg, nouveau entretien de Hitler avec Chamberlain. Le Führer remet un mémorandum (évacuation des Sudètes par l’armée et la police tchèque, transfert du territoire à l’Allemagne, organisation d’un plébiscite dans les Sudètes pour le 25 novembre au plus tard, etc.). La mobilisation générale en Tchécoslovaquie est annoncée pendant qu’ils discutaient. Hitler rebondit et demande maintenant que le territoire des Sudètes soit remis à l’Allemagne pour le 1er octobre. Chamberlin constate qu’il est inutile de continuer la discussion et repart pour Londres.
Tchécoslovaquie, Allemagne, Grande-Bretagne
24 Sept
1938
CS/DE
Berlin donne un délai de 6 jours à la Tchécoslovaquie pour évacuer les Sudètes.
Tchécoslovaquie, Allemagne
24 Sept
1938
CH/DE/FR/IT
Note du gouvernement suisse à Paris, Berlin et Rome qui leur demande de s’engager à maintenir, ‘’même en temps de guerre, les fournitures à la Suisse de denrées alimentaires essentielles‘’.
Suisse, Allemagne, France, Italie
25 Sept
1938
DE/FR/GB
À Londres, entretien de Chamberlain et Halifax avec Bonnet et Daladier. Ils rejettent le mémorandum allemand (23.09.38) et menacent Hitler d’employer la force (si la France se trouve entraînée dans un conflit avec l’Allemagne, en vertu de ses engagements, alors Londres ‘’se sentirait obligé de lui venir en aide‘’).
Allemagne, France, Grande-Bretagne
26 Sept
1938
DE
Vers 20 heures, discours de Hitler au Sportpaleis. Il affirme qu’il n’y a plus de différends territoriaux avec la France ; qu’il est prêt à laisser les Anglais assurer l’ordre pendant le plébiscite en Sudètes (pourtant, les Tchèques refusaient le plébiscite) ; qu’une fois réglée la crise des Sudètes, il n’y aura plus de problème territorial entre la Tchécoslovaquie et l’Allemagne, etc. Finalement, il menace d’une guerre si les Sudètes ne sont pas rendus avant le 1er octobre.
Allemagne
26 Sept
1938
DE/FR/GB
Vers 17 heures, Hitler reçoit Sir Horace Wilson qui est venu lui dire que le gouvernement tchèque considère comme inacceptable le mémorandum allemand (remis à Bad Godesberg). Hitler répond en affirmant que, si c’est la réponse de Prague, alors ‘’ce sera la guerre‘’. La menace d’une entrée en guerre de la France et ensuite de la Grande-Bretagne le laissant ‘’indifférent‘’ (‘’Je suis prêt à toute éventualité‘’, dit-il).
Allemagne, France, Grande-Bretagne
27 Sept
1938
DE/GB
Dans la matinée, entretien de Hitler avec Horace Wilson. Les Tchèques, dit le Führer, sont libres d’accepter ou de rejeter sa demande (s’ils la rejettent, il s’engage à détruire la Tchécoslovaquie). Wilson l’avertit que si la France, de par ses engagements, est amenée à prendre part aux hostilités contre l’Allemagne, alors l’Angleterre sera obligée de soutenir la France. Vers 13 heures, après le départ de Wilson, Hitler ordonne que les unités prévues pour attaquer la Tchécoslovaquie gagnent les bases avancées sur la frontière tchèque et soient prêtes à attaquer pour le 30 septembre. Dans l’après-midi, Horace Wilson est de retour à Londres. Sur base des nouvelles que celui-ci apporte, Chamberlain s’adresse à Benes en l’informant que l’armée allemande avait reçu l’ordre d’entrer en Tchécoslovaquie si le lendemain, le 28.09.38, à 14 heures, le gouvernement tchèque n’avait pas accepté les conditions allemandes. Il envoie même un deuxième message, en proposant à Benes d’accepter une occupation militaire limitée, à la date du 1er octobre (les régions d’Eger et d’Asch), suivie d’une délimitation du territoire devant être remis aux Allemands. Vers 20 h 30, discours de Chamberlain à la radio. Il se demande pourquoi l’Angleterre se prépare à la guerre ‘’à cause d’une querelle surgie dans un pays lointain, entre des gens dont nous ne connaissons rien !‘’. Vers 22 h 30, Chamberlain reçoit un message de Hitler. Celui-ci se dit prêt à ‘’donner une garantie formelle en ce qui concerne le reste du territoire tchécoslovaque‘’ (si les Tchèques résistent, c’est parce qu’ils espèrent déclencher une guerre européenne, avec l’aide de la France et de la Grande-Bretagne). Chamberlain répond qu’il peut se rendre en Allemagne pour discuter les dispositions à prendre ‘’en vue de la cession‘’.
Allemagne, Grande-Bretagne
27 Sept
1938
DE/FR
De Paris, l’attaché militaire allemand avertit l’OKW et le ministère des Affaires étrangères que la mobilisation ‘’partielle’’ française ressemble à une mobilisation totale. La France semble déployer 65 divisions sur leur frontière avec l’Allemagne (devant les 12 divisions allemandes).
Allemagne, France
27 Sept
1938
CS/DE
De Prague, Rudolf Toussaint, l’attache militaire de l’Allemagne, estime que la mobilisation tchèque concerne près de 800 000 hommes (l’Allemagne disposait de 800 000 hommes pour couvrir ses frontières avec la Tchécoslovaquie et la France).
Tchécoslovaquie, Allemagne
28 Sept
1938
DE/FR/IT
Vers 11 heures, Mussolini demande à Bernardo Attolico, l’ambassadeur italien en Allemagne, d’aller voir Hitler et lui transmettre que la Grande-Bretagne a demandé à l’Italie d’intervenir ‘’en médiateur dans la question des Sudètes‘’. Mussolini propose une conférence à Quatre (Allemagne, France, Grande-Bretagne et Italie) sur cette crise. Vers 11 h 15, Hitler reçoit François-Poncet, ambassadeur de la France. Paris annonce à l’Allemagne que Prague a accepté la cession immédiate de certaines régions des Sudètes et avertit le Führer que, si l’Allemagne passe outre et attaque la Tchécoslovaquie, alors la France donnera son aide à Prague et ce sera la guerre générale. Vers 11 h 40, pendant son entretien avec François-Poncet, Hitler sort et voit Attolico qui lui transmet le message de Mussolini. Il Duce lui demande d’ajourner de 24 heures la mobilisation générale de l’armée allemande. Revenu voir l’ambassadeur français, le Führer lui dit que, devant les efforts de la France pour une conciliation, il ne peut pas répondre par un refus catégorique : ‘’J’ai besoin de réfléchir encore‘’, dit-il. Vers midi, après l’entretien avec François-Poncet, Hitler accepte la proposition de Mussolini. À 14 heures, entretien téléphonique de Hitler avec Mussolini. Le Führer confirme qu’il accepte la proposition de Il Duce. Il fait envoyer aux gouvernements de la France, de la Grande-Bretagne et de l’Italie des invitations pour envoyer des représentants afin de rencontrer le lendemain, le 29 septembre, à Munich. Vers 14 h 30, Hitler annonce qu’il accepte une conférence internationale pour la crise des Sudètes, pour le 29 septembre à Munich.
Allemagne, France, Italie
29 Sept
1938
DE
Nouvelle loi qui interdit aux Juifs d’exercer la plupart des professions.
Allemagne
29 Sept
1938
CS/DE/FR/GB/IT
À 12 h 45, à Munich, commence les discussions entre Hitler, Mussolini, Chamberlain et Daladier sur la crise des Sudètes. Le 30, vers 2 h 30 du matin, signature d’un accord sur le rattachement des Sudètes à l’Allemagne (pendant les négociations, les représentants tchèques sont restés dans une pièce à part) dans les conditions suivantes : (1) l’évacuation de la zone par les autorités tchèques commencera le 1er octobre pour se terminer le 10 du mois, (2) aucune installation ne sera détruite, (3) la délimitation des frontières sera effectuée par une commission internationale (qui établira aussi les territoires où un plébiscite sera organisé), (4) les populations des territoires transférés qui voudront rester où les quitter auront 6 mois pour le faire, (5) les autorités tchèques libéreront de leurs forces de police ou de l’armée, dans un délai de 4 semaines, les Allemands des Sudètes qui voudront le faire, etc. En annexe, Paris et Londres garantissent les nouvelles frontières de la Tchécoslovaquie ‘’contre toute agression non provoquée‘’ et avertissent Prague que, si dans un délai de 3 mois, le problème des minorités hongroise et polonaise n’est pas réglé, alors les Quatre décideront de la suite. En janvier 1939, Hitler dira à Csaky, le ministre hongrois des Affaires étrangères, qu’il ne s’est jamais imaginé que les amis de la Tchécoslovaquie lui offriront ce pays ‘’sur un plateau‘’. Concernant cet accord de Munich, certains historiens affirment que les armées de la Russie, de la France et de la Tchécoslovaquie auraient pu faire face à la Wehrmacht. Elles n’ont pas rencontré cette difficulté, suite à l’intervention de Roosevelt (qui aurait imposé aux franco-britanniques de céder).
Tchécoslovaquie, Allemagne, France, Grande-Bretagne, Italie
29 Sept
1938
CH/DE
Signature d’un accord sur les visas.
Suisse, Allemagne
30 Sept
1938
DE/GB
Le matin, déclaration commune (Chamberlain – Hitler). Les relations entre les deux pays sont d’une importance primordiale pour l’Europe, l’accord de Munich et l’accord naval germano-britannique étant les preuves du désir des deux camps de ne jamais entrer en guerre l’un contre l’autre, etc.
Allemagne, Grande-Bretagne
30 Sept
1938
CS/DE
Le chargé d’affaires allemand remet à Krofta le texte de l’accord de Munich. Il dit que Prague est invité à envoyer 3 représentants à la Commission internationale chargée de surveiller l’exécution de l’accord, qui se réunira à 17 heures à Berlin. À 12 h 50, en n’ayant aucun moyen de se défendre, le gouvernement tchèque capitule.
Tchécoslovaquie, Allemagne