France
1940s
- Jusque 18 juin 1940 : République française.
- 18 juin 1940 – 1 août 1940 : la France libre.
- 10 juillet 1940 – 20 août 1944 : l’État français (Vichy).
- 20 août 1944 : République française.
03 Juil
1939
FR
En Syrie, le haut-commissaire réorganise le pays en 4 gouvernements : central, des Alaouites, du djebel druze et de la Djezineh.
France
04 Juil
1939
FR/GB/RU
De Londres, l’ambassadeur français informe son gouvernement que sir John Philip Sargent considère : (1) qu’il est impossible d’arriver à un accord tripartite, Moscou déclinant tout engagement à l’égard des pays voisins de la France et de la Grande-Bretagne, (2) que la définition russe de l’agression indirecte peut donner lieu à des interprétations ‘’dangereuses‘’, et elle peut donner lieu à des protestations des États apparaissant sur la liste. Sargent reconnaît que la situation actuelle des négociations est due à la garantie franco-britannique donnée à la Pologne et la Roumanie, sans y associer l’URSS (Moscou ayant raison de croire que cette garantie n’a pas été donnée dans son intérêt).
France, Grande-Bretagne, Russie
05 Juil
1939
FR/GB/RU
Dans le cadre des négociations tripartites, la France donne sa définition de l’agression indirecte : ‘’… Celle qui aurait pour effet de déterminer un coup d’État intérieur, entraînant manifestement l’aliénation ou l’altération de la souveraineté au profit de l’agresseur‘’.
France, Grande-Bretagne, Russie
06 Juil
1939
FR/GB/RU
La Grande-Bretagne donne à son tour une définition de l’agression indirecte : ‘’… l’action, acceptée par l’État, sous la menace de la force par une autre puissance et entraînant l’abandon de son indépendance ou de sa neutralité‘’. La France acceptera la définition anglaise.
France, Grande-Bretagne, Russie
08 Juil
1939
FR/GB/RU
De son côté, Moscou présente aux ambassadeurs français (Naggiar) et anglais (William Seeds) une nouvelle définition de l’agression indirecte : ‘’… Action acceptée par un des États, indiqués ci-dessous, sous la menace de la force par une autre puissance… et qui entraînerait l’utilisation du territoire et des forces dudit État, en vue d’une agression contre lui ou des parties contractantes, et qui entraînerait la perte par cet État de son indépendance ou de violation de son de sa neutralité‘’.
France, Grande-Bretagne, Russie
08 Juil
1939
FR
En Syrie, le haut-commissaire suspend la Constitution. Paris rétablit l’administration directe en Syrie et au Liban.
France
10 Juil
1939
FR/GB/RU
Dans les négociations tripartite, la France propose à la Russie de signer l’accord politique, en acceptant la définition russe de ‘’l’agression indirecte‘’, après quoi les négociations militaires commenceront. Londres refuse la proposition de la France : ‘’… Nous ne pouvons… plus continuer à accepter chaque nouvelle demande mise en avant par le gouvernement de l’URSS…’’. Reçu par Bonnet, Neville Henderson, l’ambassadeur anglais, affirme que jamais, depuis 1914, le danger de guerre n’a pas été plus grand qu’aujourd’hui. L’ironie du sort, dit-il, est que si Chamberlain et Daladier n’avaient pas été à Munich, alors c’était la guerre. Or, actuellement, ni Chamberlain ni Daladier n’oseront se rendre en Allemagne , en vue d’un nouveau compromis, sans risquer leur carrière politique.
France, Grande-Bretagne, Russie
11 Juil
1939
FR/GB/RU
Dans les négociations tripartites, une nouvelle définition de l’agression indirecte est donnée : ‘’Une action acceptée par l’État en question, sous la menace de la force, par une autre puissance et entraînant l’abandon de son indépendance ou de sa neutralité ‘’. Sur cette base, les trois parties s’engagent à se prêter mutuellement assistance, immédiate et efficace, si un des trois s’engage dans des hostilités avec un État européen quelconque, à la suite : (1) d’une agression de cette puissance contre un des trois, ou (2) d’une agression de cette puissance contre un État européen, ‘’que l’un des trois aurait pris l’engagement d’assister dans une telle agression, ou dont il s’estimerait obligé de défendre l’indépendance ou sa neutralité, contre une telle agression‘’.
France, Grande-Bretagne, Russie
13 Juil
1939
DE/FR
Ribbentrop répond à la note française (01.07.39). L’Allemagne considère que la déclaration franco-allemande (06.12.38) a laissé au Reich les mains libres à l’Est. Si la France veut maintenant la guerre, l’Allemagne sera ‘’prête à tout instant‘’.
Allemagne, France
13 Juil
1939
FR/GB/RU
À Moscou, aux négociations tripartites, Londres déclare qu’il lui est impossible d’accepter la définition russe de ‘’l’agression indirecte‘’.
France, Grande-Bretagne, Russie
18 Juil
1939
FR/GB/RU
Suite à l’intervention de la France, la Grande-Bretagne finit par accepter de lier la signature d’un accord politique de la signature d’une convention militaire, Londres continuant de rejeter la définition russe de ‘’l’agression indirecte‘’. Le même jour, lors de sa rencontre avec Seeds, l’ambassadeur anglais, Molotov accepte d’envisager une définition ‘’atténuée‘’ de l’agression indirecte, mais pas basée sur le texte anglais.
France, Grande-Bretagne, Russie
19 Juil
1939
FR/GB/RU
Lettre de Bonnet à Halifax. Il y demande que, dans les négociations tripartites, Londres accepte les conditions russes (car, redoute-t-il, sans cela l’échec de ces négociations ne soit ‘’le signal d’une action de l’Allemagne sur Dantzig‘’).
France, Grande-Bretagne, Russie
20 Juil
1939
FR/GB/RU
Dans l’impasse sur la définition de l’agression indirecte, Molotov propose une suspension des négociations politique et l’ouverture des conversations militaires.
France, Grande-Bretagne, Russie
20 Juil
1939
DE/FR
Répondant à Ribbentrop (13.07.39), Bonnet affirme qu’à aucun moment , ‘’ni avant ni après la déclaration du 6 décembre‘’, il n’a été possible pour le gouvernement allemand de penser que la France ‘’avait décidé de se désintéresser de l’Est de l’Europe‘’.
Allemagne, France
21 Juil
1939
FR/GB/RU
La France et la Grande-Bretagne acceptent l’ouverture des négociations militaires.
France, Grande-Bretagne, Russie
24 Juil
1939
FR/GB/RU
Fin de la phase politique (14.04.39) des négociations tripartite. Un accord est acquis. Les trois parties s’engagent : (1) à se prêter mutuellement et immédiatement toute assistance en leur pouvoir ‘’si un des signataires serait engagé avec une puissance européenne, soit parce qu’il est l’objet d’une agression, soit suite à une agression, directe ou indirecte, d’une puissance européenne contre un autre État européen dont un des signataires s’estimerait obligé de défendre l’indépendance ou la neutralité‘’ (l’agression indirecte étant définie comme ‘’une action acceptée par l’État en question sous la menace de la force par une autre puissance et entraînant l’abandon de son indépendance ou de sa neutralité‘’), (3) à un échange d’informations sur la situation internationale, (4) à ne pas conclure, en cas de guerre, d’armistice ou de paix séparément, (5) à ne pas faire entrer en vigueur cet accord qu’une fois signée une convention militaire, etc. Dans une annexe, non publiée, sont précisés les pays auxquels s’applique l’obligation, pour un des signataires, de les défendre en cas d’agression, directe ou indirecte : la Belgique, l’Estonie, la Grèce, la Finlande, la Lettonie, la Lituanie, la Pologne, la Roumanie et la Turquie.
France, Grande-Bretagne, Russie
24 Juil
1939
FR/GB/PL
À Pyry, près de Varsovie, les Polonais remettent aux services de renseignements français et anglais un exemplaire de la machine Enigma (la machine à déchiffrer les messages radio de l’armée allemande) et la documentation sur le décryptage. En décembre 1932, trois mathématiciens polonais réussissent à déchiffrer les messages Enigma. C’est en octobre 1938 qu’ils arrivent à mettre en place une machine électromécanique pour déchiffrer les messages (il fallait deux heures pour déchiffrer la clé du jour). Ils remettent la machine aux Français et Anglais.
France, Grande-Bretagne, Pologne
25 Juil
1939
DE/FR/GB/RU
La presse annonce que Moscou, Paris et Londres sont arrivés à un accord politique et qu’une mission militaire franco-britannique ira à Moscou pour conclure une alliance militaire. À partir de maintenant, l’Allemagne multipliera les contacts avec Moscou, dans l’espoir d’empêcher la formation d’une alliance entre les trois (France, Grande-Bretagne et Russie) et pour annuler la menace d’un encerclement du Reich.
Allemagne, France, Grande-Bretagne, Russie
27 Juil
1939
FR/GB/PL/RO/RU/TR
Le gouvernement français précise au général Doumenc, son représentant aux négociations militaires qui s’ouvriront à Moscou, la position française : (1) les communications entre Occidentaux et les Russes se feront par la route du Nord (le port de Mourmansk) ou par avions qui feront escale dans les pays neutres du Nord de l’Europe, (2) si pendant le temps de paix les Polonais n’acceptent pas la présence des troupes russes sur leur territoire, Paris espère ‘’qu’au moment du danger, ils accepteront d’avoir sur leur territoire de l’aviation russe, peut-être même des unités mécanisées ‘’. Du côté anglais, les instructions données à l’amiral Plumkett montrent de la prudence, de la méfiance (ne pas livrer aucun renseignement intéressant), etc. Ensemble, Paris et Londres demandent à la Russie de livrer des matières premières, des denrées alimentaires et des armes à la Pologne, à la Roumanie et à la Turquie.
France, Grande-Bretagne, Pologne, Roumanie, Russie, Turquie
28 Juil
1939
DE/FR/GB/RU
L’ambassadeur Welczeck envoie de Paris une note à son gouvernement sur les raisons de l’envoi d’une mission militaire franco-anglaise à Moscou : (1) Paris et Londres pensent que, tant que les négociations continueront, l’Allemagne n’entreprendra rien contre Dantzig, (2) le désir des Français et Anglais de surmonter, par une entente militaire, les difficultés rencontrées lors de la négociation politique (la définition de l’agression indirecte, modalité de fournir l’aide aux États garantis, etc.).
Allemagne, France, Grande-Bretagne, Russie