France
1940s
- Jusque 18 juin 1940 : République française.
- 18 juin 1940 – 1 août 1940 : la France libre.
- 10 juillet 1940 – 20 août 1944 : l’État français (Vichy).
- 20 août 1944 : République française.
25 Mai
1939
FR/GB/RU
Le gouvernement français adhère au projet de Halifax (21.05.39).
France, Grande-Bretagne, Russie
27 Mai
1939
FR
À Nantes, le 36e congrès de la SFIO (fin : 30.05.39).
France
28 Mai
1939
FR/GB/RU
La France et la Grande-Bretagne font une nouvelle proposition à la Russie. Les trois signent un accord d’assistance mutuelle, au cas où une guerre éclaterait suite à une agression, soit contre un État garanti (Pologne, Roumanie, Belgique, Grèce, Turquie), soit contre un État qui réclamerait l’assistance (Pays-Bas, Suisse, pays baltes). Toutefois, cette assistance n’entraîne pas le droit de franchir les frontières sans le consentement de l’État en cause. Au nom de la Russie, Molotov rejettera cette proposition, car elle n’est pas accompagnée de la signature d’une convention militaire (en plus, Moscou ne voulait pas que l’assistance aux pays baltes soit conditionnée au fait de leur demander leur consentement).
France, Grande-Bretagne, Russie
31 Mai
1939
FR/GB/RU
Discours de Molotov devant le Soviet Suprême. La Russie veut la paix, veut empêcher une agression, mais elle doit veiller à ne pas être entraînée dans un conflit ‘’par des fauteurs de guerre habitués à laisser les autres tirer pour eux les marrons du feu‘’. Ainsi, dans les négociations avec Paris et Londres, la Russie propose que la garantie des trois soit : (1) donnée automatiquement en cas d’agression et sans porter l’affaire devant la SDN, (2) donnée aux pays baltes et à la Finlande sans le consentement de ces États, même contre leur gré. La France est prête à accepter les exigences de Moscou, tandis que la Grande-Bretagne estime qu’on ne peut pas imposer la volonté des grandes puissances aux petites nations.
France, Grande-Bretagne, Russie
02 Juin
1939
FR/GB/RU
Moscou détaille sa proposition d’accord d’assistance (31.05.39). Cette assistance sera ‘’immédiate et efficace‘’ en cas d’agression : (1) contre un des trois signataires, (2) contre un tiers (la Belgique, la Grèce, la Pologne, la Roumanie, la Turquie), (3) contre un des signataires à la suite de l’assistance prêtée par celui-ci à un autre État européen qui aura besoin de cette assistance pour ‘’résister à la violation de sa neutralité‘’. Moscou souligne que la Russie ne peut pas assurer une assistance militaire si ses armées n’ont pas le droit de passage dans les pays nominalisés dans l’accord.
France, Grande-Bretagne, Russie
06 Juin
1939
FR
Décret-loi sur l’organisation de la défense nationale.
France
12 Juin
1939
FR/GB/RU
À Moscou, début des négociations diplomatiques entre les trois. La Grande-Bretagne refuse d’inclure dans le pacte des États qui n’ont pas été consultés (comme voulait Moscou). La France tente de rapprocher les points de vue de Londres et Moscou. Ainsi, elle propose à Londres (1) d’accepter la proposition russe d’abandonner le recours à la SDN et celle de ne pas conclure de paix séparée, (2) d’inclure une garantie pour trois États occidentaux (sans les nommer), pour équilibrer la garantie aux pays baltes. Finalement, Londres accepte les propositions françaises.
France, Grande-Bretagne, Russie
14 Juin
1939
FR/GB/RU
À Moscou, début des négociations. La Russie propose : (1) que les garanties données aux pays baltes et à la Finlande entrent en jeu en cas menace de la part de l’Allemagne ou dans le cas d’un ‘’coup d’État intérieur‘’ ou dans le cas d’un changement politique favorable à l’agresseur, (2) que l’accord politique ne soit pas signé qu’après la signature d’une convention militaire.
France, Grande-Bretagne, Russie
17 Juin
1939
FR/GB/RU
À Moscou, dans les négociations, Paris et Londres acceptent d’étendre la garantie mutuelle aux pays baltes, tout en excluant les possibilités de coup d’État ou de modification politique en faveur de l’agresseur. Paris proposera une interprétation identique aux cas d’agression contre un des contractants, ou agression contre un État européen qui constitue une menace pour la sécurité d’un des contractants.
France, Grande-Bretagne, Russie
20 Juin
1939
FR/GB/RU
Moscou rejette la proposition de Paris (17.06.39).
France, Grande-Bretagne, Russie
22 Juin
1939
FR/GB/RU
Dans les négociations tripartites, la Russie (Molotov) insiste que les États auxquels on donnera la garantie soient désignés nominalement. Si la Grande-Bretagne refuse, on se contentera d’un pacte entre Londres, Paris et Moscou. Comme prévu, Londres refuse de nommer les États auxquels la garantie est garantie. En plus, le gouvernement anglais demande que, pour donner la garantie (1) l’État en cause fasse la demande et (2) l’État en cause se défende lui-même contre l’agresseur. Encore une fois, le gouvernement français joue les médiateurs entre Londres et Moscou. Paris propose qu’on désigne les États auxquels on donnera une garantie (Belgique, Danemark, Luxembourg, Pays-Bas, pays baltes, Suisse), mais dans une annexe secrète qui ne sera publiée qu’au dernier moment.
France, Grande-Bretagne, Russie
23 Juin
1939
FR/TR
Signature d’un traité d’assistance mutuelle (Massigli – Saradjoglou). La France cède le sandjak d’Alexandrette à la Turquie (ce que la Syrie ne reconnaîtra jamais).
France, Turquie
23 Juin
1939
FR/GB/RU
Le gouvernement anglais propose un autre texte sur la garantie. Cela sera accordé soit : (1) en cas d’agression contre un des États contractants par une puissance, ou (2) en cas d’agression par une puissance d’un État européen, qu’une des parties contractantes s’estime obligée d’aider à défendre son indépendance ou sa neutralité.
France, Grande-Bretagne, Russie
23 Juin
1939
FR/GB/TR
La France adhère à l’accord turco-britannique d’assistance (12.05.39).
France, Grande-Bretagne, Turquie
26 Juin
1939
DE/FR/PL
M. de la Tournelle, le représentant de la France à Dantzig, informe son gouvernement de la formation d’un corps franc allemand, capable de mettre la main sur la ville, ‘’sans qu’il soit besoin d’un putsch du parti ou de l’envoi de troupes allemandes‘’.
Allemagne, France, Pologne
27 Juin
1939
FR/GB/RU
Dans le cadre des négociations, Londres accepte de donner son aide aux pays baltes s’ils sont l’objet d’une agression, mais, continue Londres, on ne peut pas ‘’aider‘’ un État à se défendre que s’il se défend lui-même. En réponse, Molotov estime que la Russie ne peut pas donner sa garantie aux États ‘’dont elle ne connaît même pas le nom‘’.
France, Grande-Bretagne, Russie
29 Juin
1939
FR/GB/RU
Sous la pression de la France, le gouvernement anglais accepte que tous les États auxquels on donnera la garantie soient mentionnés dans une annexe secrète.
France, Grande-Bretagne, Russie
29 Juin
1939
FR/GB/RU
Dans la presse, Molotov critique Londres et Paris qui ne désirent pas un traité accordant des droits égaux à la Russie, mais seulement ‘’à avoir des conversations à ce sujet‘’.
France, Grande-Bretagne, Russie
01 Juil
1939
DE/FR
En recevant von Welczek, l’ambassadeur de l’Allemagne, Bonnet avertit le gouvernement du Reich que, s’il essaye de modifier le statut de Dantzig, ‘’qu’elle qu’en soit la forme‘’, la Pologne résistera et la France, en vertu de son accord avec Varsovie sera obligée d’accorder son aide à la Pologne.
Allemagne, France
01 Juil
1939
FR/GB/RU
À Moscou, suite des négociations tripartites. Moscou constate que le problème de la Lettonie, de l’Estonie et de la Finlande a été résolu, mais la Russie continue à refuser de garantir les Pays-Bas et la Suisse (pays qui n’ont pas reconnu l’URSS). C’est alors que Molotov soulève deux nouveaux problèmes : (1) la définition de ‘’l’agression indirecte‘’ et (2) la convention politique entre les trois doit être soumise à une convention militaire. Pour Moscou, l’État garant a le droit d’intervenir dans tout pays où survient un coup d’État ou un changement d’orientation favorable à l’agresseur. Définition rejetée par Paris et Londres (il suffit, disent les Occidentaux, d’un remaniement ministériel pour autoriser la Russie à intervenir par les armes).
France, Grande-Bretagne, Russie